L'ATELIER NUMERIQUE – Le 20/05/2006 – 15 :33

Thème : Le festival du film court de Cannes

 

 

François SOREL

Vous êtes sur BFM, c’est “ L’atelier numérique ” et bien évidemment, vous êtes au cœur de ce rendez-vous dédié aux nouvelles technologies, avec tout à l’heure la “ gadgéto trouvaille ” d’Antoine. (…) Dans l’immédiat, souriez, parce que je suis en train de vous filmer avec mon mobile 3G, mon cher.

Intervenant

Ça va, est-ce que je suis bien cadré, François ?

François SOREL

Vous savez que maintenant, avec les téléphones portables, on peut faire des vidéos vraiment très sympathiques, même si parfois ça saccade un petit peu. La lumière est bonne. Oui, je vais un petit peu filmer, on est là aussi. Hop là.

Intervenant

C'est vraiment des petits instants de vie et… Alors, ça peut être bien entendu des films, on va en parler tout à l’heure…

François SOREL

Je vise la palme d’or, moi, de Cannes…

Intervenant

Ah ben oui.

François SOREL

Avec mon petit mobile.

Intervenant

C’est le minimum, François.

François SOREL

Mon petit documentaire, là.

Intervenant

Oui, d’autant que le sujet est moi, en toute modestie ! Non, blague à part, c'est vrai que c’est sympa, les vidéos, les films…

François SOREL

Je ne sais pas si vous avez remarqué, dans la rue, maintenant, avec son téléphone portable on voit beaucoup de gens qui sont en train, soit de prendre des photos, mais de plus en plus de filmer, comme ça, des instants de vie, et bien évidemment on a envie, parfois, d’aller un petit peu plus loin, de faire des petits courts métrages, des petits trucs sympas, un petit peu élaborés.

Intervenant

Oui. Oui oui, la technologie le permet, ça va le permettre de plus en plus, on va aussi en reparler tout à l’heure avec notre invité, avec cette nouvelle norme, la nouvelle 3G, qui permet des débits quatre à cinq fois supérieurs à la 3G que l’on connaît aujourd’hui…

François SOREL

Le HSDPA.

Intervenant

Voilà l’acronyme exact. Le HSDPA ça peut permettre, allez, des débits qui vont jusqu’à 1,8 mégabit par seconde, donc là, c’est vraiment du lourd.

François SOREL

C’est le débit maximal.

Intervenant

C'est vraiment le débit maximal théorique et tout, mais bon, ça fait quand même pas mal, et donc on a avec nous Jean-Noël TRONC. Bonjour.

Jean-Noël TRONC

Bonjour.

Intervenant

Jean-Noël TRONC, vous êtes le directeur de la stratégie et de la marque ORANGE en France et alors, ORANGE fait évidemment un certain nombre de choses, comme vous le savez bien, en matière de téléphonie mobile, mais notamment, et on avait eu le plaisir de vous avoir l’année dernière dans notre émission, notamment un festival de films courts, qui s’appelle “ Orange film court ”, c’est à Cannes, c’est la deuxième édition. Pourquoi est-ce que vous avez lancé ça et quels sont un petit peu les fruits, les évolutions que vous avez perçus ?

Jean-Noël TRONC

Le “ Orange film court ” il est né, au fond, d’une idée qui était : puisque la vidéo arrive sur les mobiles et que, à côté des contenus qui sont lié à l’information que ça soit l’actualité, le sport ou les sorties en salles, les bandes annonces de films, par exemple, sont un des contenus plébiscités par nos clients notre hypothèse était qu’il y a une demande qui va devenir croissante pour de la fiction ou pour de l’animation, donc pour des contenus qui relèvent plutôt du genre cinématographique, et au fond, comme le mobile commande quand même un peu le format du contenu qu’on y consulte, on s’est dit qu’il y avait une chose intéressante, qui est un peu une forme de pirouette historique, c’est qu’à l’origine du cinéma, il y a le court métrage, que ce court métrage, aujourd’hui, c'est une production extrêmement dynamique, il y a près de 1 000 cours produits chaque année pour ceux qui passent la “ barre ” de l’appui du CNC, et qu’en même temps ce genre extrêmement dynamique, il est relativement, non pas méconnu mais peu reconnu et qu’en particulier ces fenêtres de diffusion elles avaient plutôt tendance, ces années passées, à se réduire. On les voit plus guère en salles de cinéma ; à la télévision les chaînes ont une politique d’achat active mais on les passe souvent tard, et donc on est parti de cette idée là.

Intervenant

Alors, juste, Jean-Noël, pour bien comprendre, pour ceux qui ne connaissent pas forcément super bien le court métrage, le court métrage c'est combien de temps ?

Jean-Noël TRONC

Alors, le court métrage, formellement, c’est jusqu’à plus d’une heure, puisque, après, on passe directement au long. Le moyen métrage dont on parle souvent chez les professionnels, n’est pas une catégorie en soi, donc en fait, le court c’est un genre extrêmement large en terme de durée, c’est un contenu qui contrairement à ce que l’on pense aujourd’hui, est vraiment tout public, et notamment il y a un public jeune qui tourne très fortement dans les festivals, comme le premier d’entre eux, dont d’ailleurs nous sommes partenaires, qui est Clermont-Ferrand, où il y a plus de 100 000 personnes qui viennent voir des courts, aussi parce que, avant même le mobile, un certain nombre de formats de créatifs, y compris, par exemple, la publicité ou le clip, ont habitué les publics à des formats courts.

François SOREL

D’accord, donc là on…

Intervenant

Donc là, c’est 5 minutes, 7 minutes pour… ?

Jean-Noël TRONC

Non. Alors, je vais vous donner un chiffre qui correspond d’ailleurs au “ Orange film court ”. Cette année nous avons par rapport à l’an dernier, élevé la durée maximale jusqu’à dix minutes, l’an dernier c’était cinq minutes.

Intervenant

D’accord, donc c’est un peu plus long, quand même.

Jean-Noël TRONC

Voilà. Pourquoi on l’a fait ? Eh bien parce qu’en discutant avec les professionnels du court métrage, avec les gens de l’Académie des Césars, par exemple avec Alain ROCCA qui suit plus particulièrement le court à l’Académie des Césars, et avec le CNC on a constaté qu’à partir de dix minutes, donc pour des formats inférieurs ou égaux à dix minutes, on touche presque un quart de la production française de courts métrages, pour vous donner un ordre de grandeur, mais on a beaucoup de courts qui vont jusqu’à une vingtaine ou une trentaine de minutes.

Intervenant

Et ça, Jean-Noël TRONC, les batteries de téléphones portables, ça permet justement d’écouter 10 minutes tranquillement ?

Jean-Noël TRONC

Sans aucun problème. Aujourd’hui, la durée moyenne d’un mobile, si on passe son temps… on continue à consulter des formats vidéo, c’est toujours plusieurs heures.

Intervenant

D’accord, et au niveau de la qualité de l’écran, bon, c’est vrai que l’on a fait beaucoup de progrès, mais est-ce que ce n’est pas un peu frustrant de regarder un petit… on arrive en fait à…voilà, est-ce que l’on arrive à avoir son attention attirée sur un petit écran pendant dix minutes ?

Jean-Noël TRONC

Avec le jury, ce que l’on a constaté, c’est vraiment ce qui est intéressant, puisque je vous rappelle la règle numéro 1 du “ Orange film court ” c'est que ce ne sont pas…c’est que nous ne sélectionnons pas, nous ne cherchons pas à le faire, des contenus réalisés spécifiquement sur les mobiles, et encore moins, bien sûr, des contenus réalisés par son mobile, ce qui est un autre genre, mais en prenant les courts tels qu’ils sont, dans la présélections qui a été faite, sur plus de 350 courts métrages et ceux que le jury a vu, c'est-à-dire près d’une trentaine de courts métrages, plus des ¾ passent très bien sur mobiles, il y a des contraintes de format simple. C’est vrai que pour un certain nombre de réalisations qui sont beaucoup trop sombres, ou dans lesquelles il y a par exemple beaucoup d’incrustations de texte, le contenu n’est pas adapté au mobile. Alors, bien sûr, le mobile, en tant que support, va évoluer, on a des écrans qui sont de plus en plus de haute qualité. On va avoir des qualités de son qui sont de plus en plus stéréo, de manière systématique. Bon, il n’en reste pas moins qu’il y a deux types de contraintes qui vont rester, la première c’est la durée, sur la taille de l’écran d’un mobile et dans les conditions de visionnage d’un mobile, le long métrage, que techniquement on peut tout à fait aujourd’hui stocker sur les disques durs de mobiles, est quand même totalement inadapté, néanmoins il n’y a pas de doute que, et ça c’est un autre sujet, qu’une partie de la production audiovisuelle va s’adapter et d’ailleurs les acteurs de l’audiovisuel y travaillent, c’était aussi un de nos objectifs, d’ailleurs, que de les alerter sur l’importance pour la production audiovisuelle française, d’anticiper ce nouveau marché, aujourd’hui, par exemple, dans le domaine de la série télé, d’envoyer un format intermédiaire, on commence à parler de produits dérivés sur le mobile.

François SOREL

Oui, c’est vrai, d’ailleurs, votre concurrent et néanmoins amis, SFR a des contenus spécifiques sur le mobile, mais vous aussi d’ailleurs, puisque l’on sent que c’est le fer de l’anse. Juste une question, vous, votre technologie que vous mettez en avant, c'est l’EDGE, qui permet d’avoir quasiment toute la population couverte en haut débit. Est-ce que le EDGE suffit pour regarder des petits documents, comme ça, de dix minutes ?

Jean-Noël TRONC

Si vous me permettez de vous reprendre, chez ORANGE, en tant que leader, avec 20 millions de clients, nous, notre philosophie c’est surtout de ne pas mettre une technologie en avant, donc nous, nous partons du besoin du client et au fond,  le premier besoin c’est d’avoir la couverture la plus large, d’où l’avantage du EDGE, vous y avez fait allusion, parce qu’effectivement aujourd’hui, avec notre couverture haut débit mobile, nous couvrons près de
95 % de la population. Et effectivement, EDGE est la bonne barre de mesure parce qu’à partir de EDGE on peut voir la télé en direct et on peut consulter en flux un contenu vidéo dans de très bonnes conditions. Donc c'est pour ça qu’EDGE est une référence intéressante, la 3G, avec notre réseau 3G, permet évidemment d’améliorer encore les débits, ce qui aujourd’hui ne transforme pas profondément l’expérience vidéo, il faut dire les choses, c’est à partir de l’évolution de la 3G qui est le HSDPA, que l’on peut avoir une vraie amélioration, par exemple de la qualité d’encodage vidéo.

Intervenant

Alors, Jean-Noël TRONC, sans entrer trop dans la technologie, mais on voit quand même aujourd’hui arriver un certain nombre d’offres sur le marché, on en a reçu récemment, par exemple Michel PAULIN, le directeur général de NEUF, qui est venu nous expliquer leur offre quadruple play, donc en gros c'est un opérateur à la fois Internet, avec de l’ADSL, en même temps de la téléphonie fixe, en même temps de la télévision et de la téléphonie mobile, donc on voit qu’il y a un certain nombre de convergences qui sont en train d’arriver, notamment aussi grâce à la voix sur IP, est-ce que la voix sur IP c’est quelque chose qui est important pour ORANGE, est-ce que vous allez tisser des partenariats et au delà de la voix sur IP, c’est tout simplement, on va dire, le protocole de communication d’Internet qui permet l’échange de données, de voix et aussi de vidéos, on le voit beaucoup avec les blogs notamment, des blogs vidéo en streaming. Est-ce que ça, ça ne va pas être, finalement, la technologie qui va complètement faire que la plupart des internautes, des Français, vont accéder à l’image ?

Jean-Noël TRONC

Aujourd’hui, il faut quand même bien distinguer les sujets. FRANCE TELECOM, en tant que groupe, a le premier, parmi les grands opérateurs mondiaux, fait de la convergence et donc de la transformation qui va avec, pour les métiers d’un opérateur de télécommunications, le cœur de sa stratégie, et d’ailleurs il a été petit à petit rejoint par tous, y compris le dernier en date qui était un grand opérateur mobile mondial, qui est le groupe VODAPHONE, qui après avoir très longtemps expliqué que tout ne pourrait passer que par le mobile, a fait un virage stratégique…

Intervenant

Important.

Jean-Noël TRONC

… en copiant le nôtre, il y a maintenant quelques semaines, qui effectivement a été un signal très fort sur le marché. La voix sur IP, on le sait dans le cadre du marché français qui est, d’un point de vue concurrentiel, le marché pour le fixer à l’Internet le plus avancé d’Europe, avec notamment le plus fort taux de ménages ayant accès au haut débit et on sait que c’est à partir du haut débit sur Internet que la voix sur IP se développe fortement est sans doute, aujourd’hui, le marché qui est le plus touché par ça et indiscutablement cette offre de services, là, elle est amenée, petit à petit, à conquérir des parts de marché croissantes sur la voix, c'est vrai pour nous comme c'est vrai pour les autres opérateurs. Pour ce qui concerne le mobile, c’est un peu différent, parce que les conditions technologiques pour que la voix sur IP, la voix par Internet, sur un mobile, soit utilisable, elles sont théoriquement réunies depuis déjà pas mal de temps. Il y a aujourd’hui, sur le marché français, notamment chez ORANGE, des mobiles qui utilisent des systèmes ouverts, comme par exemple WINDOWS et qui peuvent parfaitement permettre l’installation d’un logiciel populaire comme par exemple SKYPE, pour faire la voix sur IP.

Intervenant

D’accord.

Jean-Noël TRONC

Ensuite, les conditions pour l’utiliser vraiment, comme une vraie application de marché, elles ne sont pas réunies ; d’abord parce qu’il s’agit de mobiles qui sont encore très haut de gamme, ensuite il faut être sous une couverture Internet et de deux choses l’une, soit on est chez soi, sous une couverture WIFI Internet avec sa LIVEBOX, et dans ce cas là, on va plutôt utiliser un poste fixe, que d’utiliser son mobile, soit on est en environnement extérieur et même si par exemple, nous, ORANGE, nous avons le plus gros réseau Hotspot en France, il n’en demeure pas moins que le nombre de zones couvertes sont extrêmement limitées. Donc c'est ça la vraie limite.

Intervenant

C'est-à-dire, aujourd’hui, tel que vous le décrivez, à juste titre, c'est effectivement assez compliqué, quoi, pour dire les choses simplement, et peut-être que demain ça sera plus simple, de la même manière qu’en 95 c’était assez compliqué d’utiliser Internet.

François SOREL

Mais cela dit vous vous apprêtez à lancer des offres similaires à celles qu’ont annoncé FREE et NEUF TELECOM, ça va être annoncé par votre patron.

Jean-Noël TRONC

Non, mais similaires.

François SOREL

Enfin, pas similaires mais avec cette volonté d’avoir un seul mobile, un seul téléphone à la fois à la maison et à l’extérieur, qui passera d’un réseau, on va dire, domestique, lorsqu’on et à la maison, qui passera aussi au GSM lorsqu’on sortira de la maison, c’est ça ?

Jean-Noël TRONC

Justement, c’est je crois la limite, justement, des offres qui ont été lancées pour l’instant, c’est que vu du client, ça reste beaucoup trop compliqué, parce qu’il faut deux numéros, parce que l’appel coupe quand on s’éloigne de sa borne WIFI. Bon, en plus, les mobiles en question sont chers, donc c'est vrai que nous, ce que nous offrirons bientôt, c'est un service qui répond à ce besoin, en étant à la fois simple et bon marché, parce que c'est quand même la clef du succès pour les clients.

François SOREL

D’accord, enfin, bon marché, vous ne l’avez pas toujours été, vous ne l’êtes pas toujours, cela dit, si on vous compare aux offres de vos concurrents.

Jean-Noël TRONC

Ce n’est pas vrai. Si vous prenez la tarification mobiles, en particulier, je m’inscris totalement en faux.

Intervenant

D’accord.

François SOREL

Bon, mais enfin, ça c’est un autre débat. FIN£