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8-FI – Le 08/01/2006 – 18 :00 – Extraits
Thème : Télévision sur mobile – la 3G déjà dépassée ?
Bonsoir et bienvenue dans 8-FI. 8-FI c’est la seule émission consacrée aux nouveaux médias de la télévision française, on est assez content de vous retrouver, ça change un peu. (…) Alors on est dimanche, il est entre 18H00 et 19H00, mais l’émission, elle, a été enregistrée il y a 48 heures, puisqu’en fait, au moment où je vous parle, nous sommes jeudi, il est 22H00 et quelques, et donc l’émission n’est pas en direct le dimanche, mais elle est enregistrée dans les conditions du direct (…). On parle ce soir, pour cette première émission de l’année, et je présente avec toute l’équipe de 8-FI, nos meilleurs vœux à tous ceux qui nous regardent, une émission consacrée à la télévision sur mobile, ça a été un des très beaux succès de cette fin d’année, vous êtes 45 millions de français à avoir un portable en main, moins de 2 millions, on va dire aux alentours de 1, 1,5 million à avoir succombé aux joies de la télévision sur mobile, ou en tout cas du haut débit mobile. On va essayer de comprendre quels sont les enjeux, pour l’instant ça fait un peu mal au porte-monnaie, en tout cas c’est ce qu’on nous annonce, on a à peine à vendre la 3G que déjà on nous dit que cette norme là elle est déjà dépassée, bref, que faut-il choisir ? Quels sont les contenus aujourd'hui, qui vont vous faire craquer ? Quels sont les contenus que l’on verra demain, qu’il s’agisse de contenus courts, qu’il s’agisse de chaînes dédiées ? Bref, cette télévision sur mobile, qui est arrivée en France dans une période où déjà le mobile a eu une implantation et un succès incroyable, est-ce qu’elle va s’imposer et est-ce que vous allez succomber ou pas ? Nous allons autour de la table, pendant une heure en parler avec des invités de haut rang, et je les remercie. On commence par Dominique ROUX, Dominique vous êtes un multicartes, prof à Dauphine, le master des télécoms, vous avez formé des chapelets de personnes qui aujourd’hui travaillent chez des équipementiers, des opérateurs ou des gens de contenus. Vous êtes en charge d’une mission interministérielle sur la télé sur mobile et la TNT, on y reviendra, et vous êtes également un ancien membre de l’ART, que l’on appelle aujourd’hui ARCEP, premier sigle, l’ARCEP c’est une espèce de haute autorité, un CSA des télécoms, et en tant que membre de l’ART pendant 4, 5 ans…
Dominique ROUX
8 ans.
Dominique DELPORT
8 ans, diantre, vous avez suivi ce paysage de télécommunications, mobile notamment, fixe, ADSL etc, avec les révolutions que l’on connaît. Gilles de VERDIÈRE, bonsoir.
Gilles de VERDIÈRE
Bonsoir.
Dominique DELPORT
Vous êtes un entrepreneur, avocat de formation, vous avez participé aux premières pulsations du web interactif avec la filiale d’un producteur de télévision, EXPAND, EXPAND INTERACTIVE, vous avez créé en 2002 I-CALT, avec l’équipe de Jean-Yves ROBIN, CALT est un producteur de télévision que vous connaissez au moins par deux de ses produits phares, “ Caméra café ”, Bruno SOLO et Yvan LE BOLLOC'H, plus toute la cohorte de stars qui accompagne les castings de “ Caméra café ”, et très récemment un succès incroyable, dont je suis un fana absolu, “ Kaamelot ”, Perceval, évidemment le Roi Arthur, Guenièvre et les autres, eh bien “ Kaamelot ” comme “ Caméra café ” sont aujourd'hui disponibles sur le mobile, et vous nous direz, pour des gens de contenus comme vous, les enjeux de ce nouveau marché. Yves PORTALIER, bonsoir.
Yves PORTALIER
Bonsoir.
Dominique DELPORT
Vous êtes directeur marketing de SAGEM, société française, un des rares équipementiers français. Vous êtes quoi ? Le dernier des Mohicans ?
Yves PORTALIER
On peut voir ça comme ça, en tout cas une société qui travaille dans différents domaines des télécoms et la télé numérique.
Dominique DELPORT
Et sur la télévision sur mobile, comme votre voisin, Serge FERRÉ, que je présenterai dans un instant, vous expliquerez quels sont les enjeux pour les industriels, comment vous allez rendre la vie plus simple aux gens, est-ce que les portables de demain seront toujours plus chers, toujours plus perfectionnés, et jusqu’où on est prêt à aller pour avoir une image de très belle qualité. Florence LEBORGNE, bonsoir.
Florence LEBORGNE
Bonsoir.
Dominique DELPORT
Vous êtes analyste à l’IDATE. Alors, l’IDATE c’est un institut assez référent, en matière de télécommunications, vous observez le marché au niveau mondial, mais aussi national, vous nous direz quelles sont les grandes tendances et on fera un petit tour avec vous, comme avec nos invités, du côté du Japon et de la Corée, deux pays souvent montrés en exemple sur l’usage et la popularisation croissante de la télévision sur mobile. Serge FERRÉ bonsoir, vous êtes donc le vice-président de NOKIA, NOKIA ce n’est pas compliqué, c’est le premier vendeur en Europe d’appareils photos, presque de caméras et de téléphones mobiles, alors effectivement vous avez avec vos appareils, révolutionné la manière de téléphoner, NOKIA est le leader mondial incontesté aujourd’hui, c’est vraiment la marque référente, vous nous direz, notamment sur les questions de normes, vous vous êtes engagés à fond dans le DVBH, ce n’est pas la 3G, on essaiera de comprendre pourquoi vous vous attachez tant à cette norme et si tous autour de la table…
Serge FERRÉ
Rassurez-vous, on est aussi engagé sur la 3G.
Dominique DELPORT
Vous êtes aussi engagé sur la 3G et ceci rassure notre dernier invité, Jean-Noël TRONC, bonsoir.
Jean-Noël TRONC
Bonsoir.
Dominique DELPORT
Directeur de la stratégie et de la communication de la marque ORANGE, vous supervisez aussi les questions de contenu, vous me l’avez annoncé tout à l’heure, et ORANGE c’est le premier opérateur français, c’est quasiment la moitié du marché, une fin d’année un peu rude avec, avant la dinde, une grosse amende pour les opérateurs, et puis des étrennes plutôt sympas, puisque vous avez annoncé lundi, en ce début de semaine, la barre du million d’abonnés mobiles haut débit franchie par ORANGE, donc un opérateur qui démarre en trombes l’année 2006.
(…)
Dominique DELPORT
Jean-Noël TRONC, votre regard sur la télévision sur mobile en tant qu’opérateur.
Jean-Noël TRONC
Avec quelques chiffres. Alors, vous avez donné le premier qui est le million de clients haut débit mobile, donc les clients qui peuvent voir la télé mobile en France.
Dominique DELPORT
Ça c’est pour ORANGE.
Jean-Noël TRONC
Ça c’est pour ORANGE.
Dominique DELPORT
SFR annonce quoi, 500 000, 750 000 ? On attend les derniers chiffres ?
Jean-Noël TRONC
Les derniers chiffres que donnait SFR étaient à peu près de la moitié, mais ils ne datent pas d’aussi récemment que nous, donc on attend avec intérêts leurs chiffres.
Dominique DELPORT
C’est ça, on n’a pas eu l’effet Noël encore !
Jean-Noël TRONC
Absolument.
Dominique DELPORT
Ok.
Jean-Noël TRONC
Je vais donner deux, trois autres chiffres qui sont dans l’ordre du record, c’est 90% de la population française couverte, et ça, ça me paraît très important, y compris si on se rapporte à un autre événement important et positif, qui est la télévision numérique de terre, un troisième record c’est 52 chaînes de télévision en direct, ce qui pour nous…
Dominique DELPORT
52 chaînes de télé en direct, sur un mobile.
Jean-Noël TRONC
Sur ORANGE WORLD, donc sur le portail d’ORANGE, dans la rubrique vidéo, dans laquelle on trouve deux types de contenus, des vidéos à la demande, on en reparlera, et de la télévision en direct. On a 52 chaînes de télé en direct.
Dominique DELPORT
C’est un record ?
Jean-Noël TRONC
C’est un record mondial, c’est le plus gros bouquet aujourd'hui de chaînes de télé en direct au monde, avec d’ailleurs une première mondiale qui est la première chaîne de télé sur mesure, qui est un confrère concurrent…
Dominique DELPORT
LCI.
Jean-Noël TRONC
Qui est LCI…
Dominique DELPORT
Donc une chaîne qui a été uniquement conçue pour l’usage mobile.
Jean-Noël TRONC
Qui a été reformatée, exactement, à partir de contenus qui sont des contenus plateaux, normaux, mais qui sont en plus dans une logique de live, donc on a des vrais flux, mais qui ont été reformatés. Et puis un dernier chiffre, je trouve, qui est le plus étonnant, c’est la consultation vidéo totale 2005 sur le parc des clients ORANGE, c’est plus de 22 millions de consultations, et rien qu’en décembre c’est presque 5 millions de consultations vidéos, à peu près moitié moitié des vidéos à la demande, et la consultation de la télé en direct sur son mobile, à peu près, retenez un chiffre, à peu près 35 minutes par mois et par client ORANGE, de consultation de chaînes de télé mobile.
Dominique DELPORT
D’accord. Donc, en gros, et je pense que les abonnés, tous opérateurs confondus, en tout cas les deux qui ont véritablement poussé la télé sur mobile, ORANGE et SFR, on est aujourd'hui autour de la demi-heure par mois de consultation. Il y a, j’imagine, des grands écarts, ce n’est qu’une moyenne, et ça, ça coûte combien, si on regarde 30 minutes par mois aujourd'hui, ça nous coûte 50 euros, 30 euros ?
Jean-Noël TRONC
Non, ça c’est la dernière bonne nouvelle, puisque vous parliez des prix, on oublie toujours de dire qu’on est dans un marché totalement compétitif, que les prix ne cessent de baisser, et qui sont en plus dans la fourchette basse européenne, on peut quand même s’en réjouir, puisque le GSM a été inventé en France, donc on n’a pas souvent l’occasion de faire cocorico en matière de technologies, mais en gros il y a deux prix à retenir. Le prix du mobile, à Noël on a revécu à nouveau ce qu’on vit depuis des années sur ce marché formidable, qui est qu’on a fracassé les prix et on a eu des mobiles TV à 1 euro, ça c’est quand même extraordinaire…
Dominique DELPORT
On demandera aux équipementiers si c’est les constructeurs qui sont très heureux ou pas.
Jean-Noël TRONC
Ils vous diront qu’on ne leur achète pas 1 euro, ça c’est clair, mais c’est tout l’avantage d’une stratégie de subvention du mobile qui permet d’accélérer l’équipement du parc, c’est un des avantages de la logique du marché français. Et puis un deuxième chiffre de prix qui est intéressant, combien ça coûte dans un forfait ORANGE ; d’abord c’est accessible sur toutes les formules, donc on peut être un abonné, on peut être aussi un client avec une carte prépayée, donc 100% des clients ORANGE, on a 22 millions de clients, peuvent avoir la télé mobile, à partir de 10 euros par mois on a un package qui permet de faire jusqu’à 1 heure de TV mobile en direct, or, je vous l’ai dit, la moyenne de consommation de nos clients…
Dominique DELPORT
C’est 30 minutes.
Jean-Noël TRONC
Elle est de 30 minutes, donc on est dans une logique très importante, qu’on a voulue, à laquelle s’ajoute l’abondance, et après j’en aurais terminé, qui est que dans l’offre de base ORANGE de TV sur mobile vous avez les week-ends gratuits illimités, ça fait quand même 8 jours par mois au total.
Dominique DELPORT
En fait j’aurais dû dire directeur commercial d’ORANGE, et pas directeur du marketing…
Jean-Noël TRONC
On parle de ce que font nos clients, donc, quand on est responsable de la marque, on est responsable de ce qui plait aux clients.
Dominique DELPORT
Forcément.
Jean-Noël TRONC
Donc, voilà. Les deux chiffres, pour conclure sur le prix, je crois qu’ils sont absolument clés, parce que la clé de la démocratisation de la télé mobile, on va en parler, c’est les techno qui marchent, c’est une large couverture, c’est des contenus qui sont intéressants, mais c’est quand même surtout et d’abord des prix qui soient accessibles, avec des packages tarifaires simples et c’est ce qu’on a essayé de faire chez ORANGE.
(…)
Dominique DELPORT
Si on reprend les chiffres de Jean-Noël TRONC tout à l’heure, ça veut dire qu’on peut se faire dix “ Kaamelot ” dans le mois et on est à peu près sur la… un peu plus, un peu plus. C’est vous qui avez les chiffres, ce n’est pas forcément le producteur. Donc, vous, ça marche “ Kaamelot ” et “ Caméra café ” ?
Jean-Noël TRONC
Tout ça marche très bien, et je voulais quand même insister sur le fait que l’humour marche très bien. Le classement auquel vous faisiez allusion, je ne dirais pas qu’il a une portée universelle, mais il y a les intangibles, effectivement l’information aujourd’hui est un hit, que ce soit d’ailleurs en chaîne live ou que ce soit en vidéo à la demande, le charme marche très bien, je ne sais pas à quel rang il était. Le sport marche formidablement.
Dominique DELPORT
Le charme n’est effectivement pas dans le Top 5, les Japonais ne le disent pas forcément.
Jean-Noël TRONC
C’est du déclaratif, c’est un peu la question que je voulais vous poser, mais, maintenant plus sérieusement, le sport évidemment marche…
Dominique DELPORT
Il n’y a pas de chaîne X sur le portail ORANGE ?
Jean-Noël TRONC
Non, on a des règles extrêmement claires…
Dominique DELPORT
Ni sur le portail SFR ?
Jean-Noël TRONC
On est sur un média qui est un média grand public, le mobile est déjà un média, je crois qu’on l’a dit pour la première fois sur le marché français, ORANGE, au Festival de Cannes, quand on a remis les prix du “ Orange film court ” sur les courts-métrages, on nous avait regardé avec un peu de scepticisme, 6 mois après je remarque que plus personne ne conteste que le mobile soit un média. On est un média, un média grand public, qui s’adresse à tout le monde, notamment aux jeunes, Serge l’a rappelé, donc il y a des règles extrêmement strictes qu’on s’impose. Je vais prendre juste un exemple là dessus, parce que c’est important en terme de sécurité des contenus pour les parents. On a, nous, à la différence de ce qu’a longtemps fait l’univers Internet, eut une politique, par exemple le filtre parental, est une option qui est par défaut, qui est gratuite, dans le cadre du monde des mobiles, de manière à ce que tout de suite on traite ce type de problème. Donc, pour répondre maintenant factuellement, ça m’a beaucoup frappé de voir qu’à Noël on a vu l’humour arriver dans le Top 3 des contenus les plus regardés. Donc, il y a vraiment un problème de profiling des clients et de sur-mesure des contenus.
(…)
Dominique DELPORT
On était en milliards d’euros etc, et aujourd’hui on a l’impression que cette télévision 3G, enfin ces normes 3G ont été faites avant tout pour pousser de la télévision ou de la vidéo, ou de la visiophonie, on a l’impression que la communication des opérateurs s’est beaucoup axée sur la télévision sur mobile, un peu moins sur la visiophonie justement. Donc est-ce qu’il y a un chois délibéré de pousser avant tout les contenus que les gens connaissent, les contenus de la télé, plutôt que la visiophonie, parce que finalement on n’est pas sûr que les gens aient très envie, quand ils s’appellent, de se voir en même temps ?
Jean-Noël TRONC
Je crois qu’il faut rendre justement à la visiophonie. La visiophonie ça fait, on le dit souvent, 30 ans qu’on en parle, ça fait même, enfin ça fait 100 ans qu’on en parle en littérature, Jules VERNE l’avait déjà illustrée à la fin du 19ème siècle, et ça fait 30 ans qu’on en a montré. Ça va démarrer, et nous, nous y croyons beaucoup comme une application, et aujourd’hui le taux d’usage en visiophonie est très important, mais, il y a un effet très simple en visiophonie, que tout le monde comprend, qui est l’effet du premier téléphone, l’homme qui a eu la chance d’avoir un premier téléphone n’avait qu’un problème, c’était qu’il n’avait personne à appeler, et de même pour la visiophonie, ce qu’on appelle l’effet parc, et tant qu’on n’a pas atteint, les équipes de marketing stratégique des opérateurs ou des industriels ont des appréciations qui varient, et j’aimerais vous entendre là dessus, mais chez nous, nous considérons qu’il y a vraiment un seuil critique de 10%. Quand on arrive à 10% de taux d’équipement…
Dominique DELPORT
De la population.
Jean-Noël TRONC
Oui.
Dominique DELPORT
Donc 4,5 millions…
Jean-Noël TRONC
Oui, de nos clients, de notre part. Quand on arrive à 10% de nos clients qui utilisent une technologie, dès lors que c’est une technologie de communication entre les gens, alors elle va démarrer, c’est ce qui s’est aussi produit pour le SMS. Il y a eu un jour où, parce que…
Dominique DELPORT
Les opérateurs s’étaient entendus.
Jean-Noël TRONC
L’interconnexion s’est faite et que les gens se sont mis à s’en envoyer, ça a explosé et ça donne les chiffres exponentiels qu’on connaît, là on a passé, nous ORANGE, le cap des 8 milliards de SMS en 2005. Pour la visiophonie, c’est quand même ça le frein. Mais quand on voit les applications de la visiophonie, elles sont quand même spectaculaires, et nous nous inscrivons dans la famille des opérateurs qui croient profondément à la visio. Deuxième commentaire, je pense que je l’ôte de la bouche de Dominique ROUX, c’est que très concrètement la 3G c’est une des technologies qui permet de faire le haut débit mobile, mais la télévision mobile ça commence avec la 2,5 G EDGE, épargnons peut-être ces détails techniques à ceux qui nous écoutent, mais concrètement ça fait 90% de la population couverte dans un cas, pour la 3G on n’est encore que, à une cinquantaine de pour cent de la population, bientôt 60.
Dominique DELPORT
Vous, vous dites aujourd’hui, le niveau de qualité, en 2,5, 2,75 G, c'est-à-dire haut débit mobile, pas nécessairement la 3G, est suffisant pour permettre une forte consommation…
Jean-Noël TRONC
Pour faire de la télé ou de la vidéo à la demande, ou des mails, dans des conditions tout à fait satisfaisantes, 100 kilos bits par seconde, c’est très convenable.
Dominique DELPORT
Et aujourd'hui vos consommateurs, qu’ils soient en 3G, c'est-à-dire le plus haut débit mobile, ou un peu moins, EDGE, ils regardent de la même manière les contenus, ils ont la même appétence, la même gourmandise et la même fréquence d’utilisation.
Jean-Noël TRONC
Le taux d’usage des données il est le double pour les clients 3G, donc c’est très concret, et pour le marché entreprises, c’est ce qui pour nous en fait une “ killer app ”, le marché entreprises qui est justement beaucoup plus concentré d’un point de vue géographique…
Dominique DELPORT
“ Killer app ” c’est “ killer application ”, donc vraiment le truc qui tue quoi !
Jean-Noël TRONC
Vous avez raison de me reprendre ; c’est un des grands succès. 2005 a été, on l’a dit pour le grand public, l’année de trois choses à la fois, c’est ça qui est formidable, l’explosion de la musique sur les mobiles, la généralisation de la photo sur les mobiles et l’arrivée de la télé sur les mobiles depuis l’été. Mais on oublie de dire que pour les professionnels 2005 est une révolution dans la mobilité, c’est le moment où les applications professionnels de nomadisme, et notamment avec notre logique, chez ORANGE, d’avoir du WiFi, de la 3G et du EDGE, est en train de démarrer à toute allure, et les chiffres ; nous on a une offre intégrée qui s’appelle “ business Everywhere ”, c’est absolument spectaculaire de voir les gens changer…
Dominique DELPORT
Tout le monde veut avoir ses mails notamment…
Jean-Noël TRONC
Y compris sur un mobile comme celui-ci, je suis en EDGE à 100 kilos bits par seconde, j’ai une synchro permanente, et je suis dans une logique de nomadisme extrêmement satisfaisante pour traiter mes mails. Donc il y a aussi ça pour le professionnel.
(…)
Jean-Noël TRONC
Moins ça vous coûte pour faire la même chose, c'est-à-dire téléphone ou envoyer des SMS, 30% de baisse sur le marché français en 2005, mais plus vous faites de choses, donc à la fin plus vous emporter de vos dépenses de communications sur cet outil qui centralise tout, qu’est le mobile, si je puis me permettre.
(…)
Dominique DELPORT
Ça, ça y est, Noël 2005 c’est le décollage du MMS aussi ?
Jean-Noël TRONC
Le décollage…
Serge FERRÉ
Donc ces services de personnalisation n’existent pas, a priori, sur le téléphone fixe, quelles que soient ses vertus par ailleurs. Et la même révolution va se développer…
Jean-Noël TRONC
Serge, si je puis me permettre… nous avons lancé les SMS sur le fixe, même effet parc problématique pour le fixe, comme le soulignez Dominique, et le taux et la vitesse de renouvellement, mais nous l’avons lancé parce qu’en tant qu’opérateur intégré nous pensons que c’est la bonne stratégie, et parce que nous croyons, mais là aussi ça va prendre très lentement, qu’il y a aussi une place malgré tout pour des échanges fixe à fixe, ou fixe à mobile, y compris par le SMS.
(…)
Dominique DELPORT
On voit sur les images derrière vous, justement on parlait tout à l’heure de LCI mobile, là c’est justement du DVBH, donc on voit là nos confrères de M6, en l’occurrence c’est, me semble-t-il, “ Star 6 ”, une émission avec Alexandre DELPERIER qu’on imagine, et voit là dans cet exemple qu’avec par exemple le DVBH, il sera possible non seulement de regarder, mais aussi, lorsqu’on reçoit un appel, qu’automatiquement, tout en continuant à regarder la télévision, on puisse envoyer un SMS ou bien interrompre le flux pour prendre son appel… et ça j’aimerais bien, en se mettant à la place de l’usager qui nous regarde, quand on dit la 3G est-elle déjà dépassée, que permettra la nouvelle norme que ne permet pas la 3G aujourd'hui, et est-ce que la 3G n’a pas d’autres armes en elle pour quand même être le format et le standard de la télévision sur mobile ? Je ne sais pas, vous êtes un ardent…
Jean-Noël TRONC
Nous, nous sommes un ardent promoteur de tout parce que nous sommes, pardonnez cet autre anglicisme, ce n’est pas un anglicisme d’ailleurs, techno agnostique, c’est un néologisme disons.
Dominique DELPORT
Pas dogmatique en la matière, peu importe…
Jean-Noël TRONC
Peu importe le réseau. Pour le haut débit mobile nous l’avons construit sur des briques que je vous ai décrites, le WiFi, le EDGE, le GPRS, l’UMTS, ça n’intéresse que nous d’employer ces termes techniques et puis ça marche partout. Pour la télévision en direct il va se passer la même chose, je ferais quand même un commentaire simple. On a un phénomène d’entonnoir. Dans un cas il y a très peu de chaînes regardées par beaucoup de gens, et dans d’autres cas, un très grand nombre de chaînes regardées par moins de gens. Tout le modèle qu’on a construit aujourd'hui fonctionne sur le deuxième modèle, pour le premier on va avoir besoin de compléter les choses, parce que effectivement, pour le TF1 20H00, sous la même antenne, si on veut qu’il puisse y avoir plusieurs milliers de personnes qui consultent un contenu, eh bien il faudra en plus cette technologie “ broadcast ” dont on parle, mais c’est parfaitement complémentaire parce qu’il n’y aura pas de phénomène de transfert massif de l’utilisation télévisuelle traditionnelle des gens qui nous regardent dans des conditions confortables et dans leur fauteuil, et s’ils ont la chance d’avoir un écran chez eux, ils vont continuer à regarder sur un écran chez eux et pas sur leur portable, avec des utilisations complémentaire que permettra la télé “ broadcast ”. En gros, c’est ça la manière dont nous voyons, nous, le sujet technologique, avec, vous l’avez rappelé, deux très grosses incertitudes, incertitude réglementaire qui fait qu’on a déjà perdu un peu de temps en France, et nous comptons beaucoup sur les travaux notamment pilotés sous l’autorité de Dominique ROUX et de Janine LANGLOIS-GLANDIER, pour avancer, et incertitude industrielle, qu’il ne faut quand même pas mésestimer, avec des problèmes, y compris aujourd'hui de propagation des ondes ou de pénétration, on ne l’a pas aperçu sur le bout d’image que vous montriez, mais à un moment on voyait la petite antenne coupée, on devait être à l’intérieur d’un bâtiment un peu trop loin de la fenêtre et ça ne passait pas, et ça qu’il faut qu’on teste, et c’est l’intérêt des expérimentations qu’on fait maintenant.
Jean-Noël TRONC
A partir de cette année, pour vous donner un chiffre, pour être concret, ORANGE va payer presque 130 millions d’euro, par an, pour l’usage de fréquences, la moyenne européenne étant autour de 5 millions d’euros, donc en plus on a un problème franco-français de coût, ce n’est pas le sujet ici, je n’y reviens pas, mais c’est vrai que du coup la question de la ressource spectrale et de son utilisation est une question absolument majeure, au plan de ce qu’il s’agit de construire tous ensembles, c'est-à-dire un plan d’affaire, un modèle de business qui tiennent la route.